Justice digitale - Antoine Garapon - Hors collection - Format Physique et Numérique | PUF  

Justice digitale

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Justice digitale
Justice digitale
Sous-titre: 
Révolution graphique et rupture anthropologique
Collection: 
Discipline: 
Catégorie: 
Livre
Date de parution: 
11/04/2018
21,00 €
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Disponible
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Expéditeur

Résumé

Remplacement des avocats par des robots, disparition des notaires, résolution des conflits en ligne, justice prédictive, état civil tenu par la blockchain, généralisation des contrats en bitcoins échappant à tout contrôle (et à toute taxation) : le numérique n’en finit pas de bouleverser la justice en inquiétant les uns et en enthousiasmant les autres. Plutôt que de proposer un bilan de ces innovations, nécessairement prématuré, ce livre tente de situer l’épicentre anthropologique d’une déflagration provoquée par l’apparition d’une nouvelle écriture qu’il faut bien désigner comme une révolution graphique. La justice digitale alimente un nouveau mythe, celui d’organiser la coexistence des hommes sans tiers et sans loi par un seul jeu d’écritures, au risque d’oublier que l’homme est un animal politique.


Caractéristiques

Nombre de pages: 
368
Code ISBN: 
978-2-13-073357-7
Numéro d'édition: 
1
Format
12.5 x 19 cm

Sommaire

Table des matières: 

Introduction

Première partie – Qu’est-ce que la justice digitale ?

Chapitre I. – Une révolution graphique

La révolution numérique dans la longue histoire de l’écriture

Une technologie aux capacités incalculables

La numérisation

La programmation

L’établissement de corrélations

Les deux registres du logiciel et du matériel

Une écriture muette, opaque et en mouvement permanent

L’écriture informatique n’a pas toutes les propriétés du langage

Une écriture muette et opaque

Une écriture qui a une profondeur

Une autre manière de produire du sens

Risque de désymbolisation dans l’usage appareillé de l’écriture

Une dissociation de l’écriture et de l’institution

Fonction expressive et fonction performative en droit

La prétention de l’écriture numérique à se passer de symbolique

Chapitre II. – L’ordre graphique

Crise de l’espace et du temps

Hilbert : réduire les mathématiques à un traitement graphique

Gödel et le codage numérique

Turing et la machine à calculer

La persistance d’une dimension non écrite

Turing, 1950 : un résultat négatif concernant l’expansion du calculable

L’ordre graphique, la géométrie et le sens

Chapitre III. – Un fait social total

Une promesse politique

Les données, un bien public paradoxal

Une révolution non politique

Une mutation sociologique

Un accès plus direct à la justice

Une démocratisation du droit

Le monopole de la médiation disputé

Une révolution cognitive

La redéfinition du droit par une lecture computationnelle et économique

Les juristes découvrent un nouveau droit

Une nouvelle approche : « droit et mathématiques »

La continuation de la politique, du droit et de la société sans tiers

Chapitre IV. – Un nouveau droit naturel

Le numérique, nouvelle dimension du monde vécu

La nécessité d’un double travail

Un désorganisateur de l’espace et du temps

Une nouvelle croyance collective : la délégation aux machines

Un monde pré-ordonné par le calcul ?

La prolongation du corps sous forme de mémoire externe ?

L’inéluctable délégation aux machines ?

Une étape dans l’autoproduction de la société ?

Un nouveau référent abstrait pour les institutions juridiques

Une forme symbolique normative

Une norme de jugement de la justice

Sauver le jugement de son humanité

Une décision plus impartiale que celles des hommes

Est-il possible de substituer le calculable au symbolique ?

Chapitre V. – La blockchain, révolution dans la révolution

La profondeur de la concurrence entre droit et le numérique

Un impact plus direct sur le monde physique

Les contrats intelligents (smart contracts)

Les decentralized autonomous organisations (DAO)

Des critères de légitimation assez classiques

Une désintermédiation plus profonde

Du pouvoir décentralisé au pouvoir distribué

Une désinstitutionnalisation plus profonde et plus crédible

À chacun exactement son dû

Le risque d’une radicalité de la norme technique

Les vertus de la respiration

Les mérites de l’incertitude

Éloge du jeu

L’extrémisme de la mémoire

Deuxième partie – Ce que la justice digitale fait à l’idée de justice

Chapitre VI. – La quatrième dimension de l’audience

Une désintrication de l’espace et du temps

Structuration autour de l’audience et iterative process

Le résultat de deux chiffrages

Une désintermédiation de la preuve

Le travail préalable de verbalisation des faits

Une preuve qui parle d’elle-même

Le temps de conservation des preuves

La précision de l’horodatation 

Un appauvrissement de l’expérience du procès

Discontinuités dans la production du sens 

La dépendance à l’outil 

Les enjeux de la déritualisation 

L’enchaînement technique et le détour par la forme symbolique du rituel 

Chapitre VII. – Juges inanimés, avez-vous une âme ?

Une médiation sous l’égide de la « quatrième partie »

Une forme de justice systémique

Une justice entièrement online

Des jurés distribués

Un ordre distribué

Le « jeu » de la vérité

Le tiers intéressé

L’exécution automatique des décisions

Un au-delà de la démocratie ?

Une inversion des principes démocratiques

Lieu vide de la loi, centre occupé par la technique

Chapitre VIII. – Une fonction prédictive ?

Les opérations de la justice prédictive

« Désécriture » et réécriture du jugement

La corrélation

« Quantitas non auctoritas facit legem »

Une rectification constante des prédictions

Les différentes techniques prédictives

Le traitement d’informations dynamiques

Interrogations épistémologiques

Peut-on remplacer la causalité par la corrélation ?

Quelle est la taille suffisante ?

Le futur peut-il être déduit du passé ?

Peut-on encore être déterministe et prédictif à la fois ?

Problèmes soulevés par l’application de la prédiction au jugement judiciaire

Différence entre prescription et prédictibilité

Risques systémiques

Un nouveau savoir juridique

Quand la connaissance de la norme se combine avec le marché

Chapitre IX. – Lorsque la loi disparaît…

Une norme personnalisée et la fin de la généralité de la loi

De la règle générale à l’injonction personnelle

Le devenir norme de la règle de droit

L’injonction et la plasticité de la norme

Une sanction personnalisée et la fin de l’égalité devant la loi

Prédiction et comportement

La loi, c’est le sujet

La justice indiscutable du hacker ?

L’aggravation des inégalités

De la délégation à la peur de la relégation

Chapitre X. – Jugements sous influence

L’horizontalisation du contrôle

L’évaluation/recommandation

La notation

La pression de la multitude

Cent collègues dans chaque jugement

Cent-vingt-trois clients en un

Soixante-quinze pour cent des affaires et la mienne

La multitude et l’exclusion

L’influence et la convergence des jugements

L’influence par le réseau

La rigidification des conduites

Le paradoxe de Von Foerster

La nouvelle extériorité aux relations interindividuelles

Une défaite pour la démocratie

Chapitre XI. – Le grand ajustement

Digitalisation et qualification juridique

Un nouvel équivalent général

Digitalisation et qualification juridique : deux voies concurrentes pour normer le réel

Symbolique contre science

Continuité de la digitalisation, discontinuité de la juridicisation

Non pas un langage commun, mais des correspondances actives

Une loi prise sous la dictée du monde

Densification de l’espace et intensification de l’expérience du monde

Une transformation permanente

Justice as fairness, justice as fitness

La justesse des rapports sociaux

Des règles auto-correctrices

Un darwinisme juridique

Troisième partie – Ce que l’idée de justice commande à la justice digitale

Chapitre XII. – La justice à cœur

L’appel à la justice

La justice comme limite à l’hubris numérique

L’arrêt d’une justice « différante »

L’arrêt par une force politique externe

Bilan de la justice digitale à l’égard de l’idée de liberté

Un espace physique qui réintroduit la dimension du sensible

Un tiers qui simplifie

La tragédie du numérique

Protéger l’humanité de l’homme

Une justice sans hommes ?

Désormais, l’humanité a un prix

Une nouvelle forme de pauvreté symbolique

Le pari de la faillibilité

 

Conclusion

 

Autour de l'auteur

Autour de l'ouvrage: 

Antoine Garapon est magistrat et secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice. Il est l’auteur, aux Puf, de Démocraties sous stress (avec Michel Rosenfeld, Puf, 2017) et de Deals de justice (avec Pierre Servan-Schreiber, Puf, 2013).

Jean Lassègue est chercheur au CNRS, attaché à l’Institut Marcel Mauss (EHESS, Paris). Ses travaux portent notamment sur l’informatique comme étape dans l’histoire de l’écriture (Turing, Les Belles Lettres, 1998).