Cités 2018, n° 75 - - Cités - Format Physique et Numérique | PUF  

Cités 2018, n° 75

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Cités 2018, n° 75
Cités 2018, n° 75
Sous-titre: 
L’art à l’époque de l’industrie cultuelle
Collection: 
Discipline: 
Catégorie: 
Revue
Date de parution: 
03/10/2018
18,00 €
Article attaché: 
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Expéditeur

Résumé

Formulé pour la première fois en 1953 dans un article consacré au jazz publié dans la revue Merkur, le concept d’Entkunstung (désartification) marque la pensée tardive d’Adorno qui s’exprime dans sa Théorie esthétique. Ce néologisme désigne chez lui l’idée que l’art, au cours du XXème siècle, a été progressivement « privé de son caractère artistique » (Kunst wird entkunstet ) par le développement de ce qu’il nomme l’industrie culturelle. Productrice de divertissements faciles, d’expériences pauvres (compréhension aisée de significations simples, effets dramatiques faciles, émotions stéréotypées), celle-ci est aux antipodes des exigences du grand art qui ennoblit. L’industrie culturelle produit un succédané de culture, très proche de ce que Greenberg, à la même époque, désigne par le terme de Kitsch.

Plus d’un demi-siècle après sa première formulation, quelle pertinence conserve l’expression adornienne de désartification de l’art, et que vaut son diagnostic ? Comment se présente aujourd’hui ce qu’il nomme industrie culturelle ?

Au cours du XXème siècle, s’est produit une extension indéfinie des frontières de l’art. On été labellisés « art », des pratiques nouvelles (photographie, vidéo, graffiti), des activités non issues d’une intentionnalité artistique (masques africains, peinture sur sable des Indiens Navajo, dessins d’aliénés…), des gestes et des attitudes empruntés à l’ordinaire extra-artistique (performances et les happenings), des inventions scientifiques (arts technologiques, bio art), etc. L’extension d’un concept variant en raison inverse de sa compréhension, la dé-définition de l’art (H. Rosenberg) ne peut pas ne pas affecter sa consistance.

C’est cet ensemble de question que se propose d’instruire ce dossier qui est somme toute celui de la mutation d’une idée moderne de l’art qui a vu le jour à la Renaissance et qui parvient sans doute aujourd’hui au terme du développement de ses possibilités.


Caractéristiques

Nombre de pages: 
192
Code ISBN: 
978-2-13-080193-1
Numéro de tome: 
75
Numéro d'édition: 
1
Format
17.5 x 24 cm

Sommaire

Table des matières: 

Éditorial par Yves Charles Zarka

 

I – DOSSIER : L’art APRES L’ART

Carole Talon-Hugon, Présentation

Vincent Kaufmann, Désartification : des avant-gardes au numérique

Roger Pouivet, L’art après la culture : un dialogue

Nathalie Heinich, Quand y a-t-il désartification ?

Carolyn Korsmeyer, Esthétiques indigestes

Nathalie Moureau, L’économie de la désartification

Carole Talon-Hugon, Comment l’Art devint l’art au cours du xxe siècle

Patrick Marcolini, Postérité du Situationnisme

 

II – VIE POLITIQUE : GÉOPOLITIQUE DE L’EXTRÊME-ORIENT

Otto Pfersmann, Sur le Japon

Jean-Pierre Cabestan, Sur la Chine

 

III – VIE INTELLECTUELLE 

Paul Audi, Sur le phénomène Jordan Peterson aux USA et dans le monde anglophone.

 

IV – VARIA

Raffaella Santi, Le citoyen du monde dans le stoïcisme

 

V – RECENSIONS

Autour de l'auteur

Autour de l'ouvrage: 

Revue dirigée par Yves Charles ZARKA, professeur de philosophie politique à l'université Paris Descartes.