Résumé
En 2017, le fleuve Whanganui est reconnu dans la loi néozélandaise comme personne vivante et tout indivisible. C’est là la concrétisation de la croyance proverbiale des riverains maoris : « Je suis la rivière et la rivière est moi. » Le texte de loi entend sceller une relation à une entité naturelle qui va au-delà de la seule logique de sa protection. C’est une identification de l’homme et de son environnement qui est en jeu, et une capacité transformatrice mutuelle. La rivière n’est donc pas figée dans son identité, ni sacralisée. Elle devient un acteur du droit ; elle entre dans des relations humaines. Comment le droit peut-il ainsi transformer notre rapport à la nature et intégrer des conceptions qui semblent déborder de ses cadres conceptuels habituels ? La rivière est-elle encore un bien, public ou commun ? Dans quel sens est-elle, plus qu’une personne morale, une personne vivante ? Et, finalement, qu’est-ce qu’« être la rivière » et qui peut y prétendre ?
Caractéristiques
Sommaire
Première partie : A Wellington
1 – Être la rivière, ou chercher à la devenir
2 – Les droits de la nature au-delà de la seule logique protectrice
3 – L’héritage ambigu de Waitangi
4 – Comment réparer ?
5 – Lex Aotearoa : une possible unité axiologique ?
Deuxième partie : Dans le texte
6 – La rivière se possède-t-elle elle-même ?
7 – Peut-on se sentir chez soi si où l'on est n’est pas à soi ?
8 – La rationalité des « valeurs indigènes »
9 – Encore un « bien commun » ?
10 – Quel genre de personne est la rivière ?
Troisième partie : L’approche
11 – Ontologies fluviales
12 – Toponymie et topophilie
13 – Luttes végétales postcoloniales
14 – Epilogue : quelques-uns qui furent la rivière
Autour de l'auteur
Sacha Bourgeois-Gironde est philosophe et économiste (Université Paris 2 et Institut Jean-Nicod, École normale supérieure). Ses recherches portent sur l’adéquation entre les capacités cognitives humaines et les environnements et institutions au sein desquelles elles sont mises en œuvre.