Oeuvres complètes de Freud : Livres et Manuels - Format Physique et Numérique | Presses universitaires de France  

Oeuvres complètes de Freud

22 ouvrages

Présentation

Le projet de publication des Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse (OCF-P) est né de la volonté de proposer pour la première fois en France l’intégralité des textes freudiens dans une nouvelle traduction, cohérente d’un volume à l’autre et totalement fidèle à la langue freudienne. La structure de pilotage fut mise en place dès 1984, autour d’André Bourguignon, Jean Laplanche et Pierre Cotet.

L’aventure éditoriale se concrétisa en 1989 par la publication du premier volume des OCF-P. Paru la même année, l’ouvrage Traduire Freud, permettait à l’équipe de traduction de poser et de rendre publiques les règles qu’elle se fixait quant à la terminologie adoptée et à l’harmonisation des textes dans le respect minutieux des originaux. Milan Kundera aura en 1995 ce beau compliment pour l’initiative : « C’est avec cette passion de l’exactitude qu’il faudrait traduire non seulement les grandes œuvres savantes, mais aussi les grands romans. »

En savoir plus

Directeurs de collection

La direction scientifique des OCF-P a été assumée par Jean Laplanche (1924-2012), normalien, médecin-psychiatre et psychanalyste, professeur émérite à l’Université Paris VII et propagandiste infatigable de l’œuvre freudienne. Il a notamment dirigé également aux PUF les collections « Voix nouvelles en psychanalyse », « Bibliothèque de psychanalyse » et « Petite bibliothèque de psychanalyse » avec Jacques André et a lui-même été l’auteur d’une œuvre qui conjugue une approche rigoureuse de la pensée du maître viennois et une élaboration de nouveaux cadres théoriques pour la psychanalyse. Parmi ses nombreux ouvrages, on peut citer Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Problématiques ou encore le Vocabulaire de la psychanalyse, qu’il co-signa avec J.-B. Pontalis.

Pierre Cotet assure la direction éditoriale. François Robert est le précieux spécialiste de la terminologie ; il enseigne d’ailleurs la traductologie. Janine Altounian, « gardienne du trésor de la langue allemande » est la « mémoire vigilante » de l’équipe : c’est elle qui veille à l’harmonisation des textes. Alain Rauzy, médecin et psychiatre, a en charge tout l’apparat critique et vérifie les — nombreuses — notes de bas de page.

Interview

La parution en 2003 du Volume IV des OCF.P, comportant le célèbre Interprétation du rêve, a été pour nous l'occasion de donner la parole à l’équipe de pilotage de la traduction.

Rencontre avec Jean Laplanche, Pierre Cotet, François Robert, Janine Altounian et Alain Rauzy, un après-midi de décembre…

 

  • Comment se déroule le travail de traduction des OCF.P ?

Depuis le début de l’aventure, nous formons un comité de pilotage, à la tête d’équipes de traducteurs. Nous nous réunissons deux fois par semaine, relisons et retravaillons, ligne à ligne, les traductions effectuées par nos équipes, fidèles à nos directives. Nous ne reprenons donc jamais les traductions existantes. Cela implique un travail de longue haleine, représentant un nombre d’heures qui serait effrayant si on devait le calculer !

 

  • De quelle nature sont les changements terminologiques des OCF.P ?

La terminologie renvoie à un grand réseau sémantique, que le lecteur dans son appréhension des textes retrouve d’un volume à l’autre. Prenons deux exemples : « animique », adjectif du XVIIIème siècle est un terme très présent des OCF.P, qui signifie « relatif à l’âme ». Il fait partie des mots dont on a pu nous dire qu’ils sont des néologismes, alors que le mot existe bel et bien, même s’il est rare. On pourra ici avec bénéfice comparer selon le contexte l’utilisation de « psychique » et d’« animique » par Freud. Un autre exemple de la façon dont des mots, rares, peuvent être adoptés pour traduire fidèlement la terminologie freudienne est le mot « refusement » : le refusement de la réalité, est maintenant de plus en plus entendu en lieu et place de «frustration ». Nous n’avons créé aucun néologisme qui soit un barbarisme. Simplement, en voulant suivre le sens de la pensée de Freud, nous sommes amenés à néologiser ce que Freud a lui-même néologisé dans sa langue, à inventer là où il a inventé, à renouveler ce qu’il a renouvelé.

 

  • Votre démarche a été très critiquée. Qu’est-ce qui vous est reproché ?

De ne pas être assez « joli », assez lisible, assez Vaugelas... Les critiques ne réalisent pas que tout cohabite chez Freud : le style le plus merveilleux, digne des grands romanciers allemands, une écriture parfois journalistique, jusqu’à un« charabia » qui peut heurter le lecteur. Nous sommes fidèles au texte, à sa rugosité première. Si le lecteur n’était pas interpellé, gêné quelques fois, la traduction serait faussée. Notre souhait n’est pas de proposer une traduction qui soit difficile ou rugueuse en tant que telle. Nous n’arrêtons le lecteur que là où Freud souhaite qu’il s’arrête. D’une certaine façon, la restitution de l’étrangeté du texte oblige le lecteur à lire en profondeur.

 

  • La traduction de L’interprétation du rêve a-t-elle été différente de celle des autres volumes des OCF.P ?

Freud craignait que ce livre soit intraduisible. Il n’est jamais simple de traduire un rêve, il l’est encore moins de traduire les associations d’un rêve. Nous n’avons pas eu de difficultés terminologiques particulières pour ce volume. En revanche, le lecteur va découvrir que le rêve est un accomplissement de souhait. Cette traduction de « souhait » là où l’on disait « désir » est une des grandes lignes des OCF.P. Mais le point important de cette traduction touche à sa nature même, sa conception par rapport à celle des traductions françaises précédentes. Jusqu’à présent, ce texte avait toujours été simplifié, au point que certains considèrent « Die Traumdeutung » comme le texte le plus limpide et le plus agréable à lire que l’on doive à Freud. Des traducteurs comme ceux de la version Meyerson-Berger ont fait disparaître toute métaphore, au nom d’un certain rationalisme scientifique. Notre traduction respecte toutes les nuances du style de Freud, au prix d’une certaine difficulté pour le lecteur.

 

  • A quoi est dû le changement de titre de L’interprétation du rêve, en lieu et place de L’interprétation des rêves ? Est-ce un changement majeur ?

C’est le rêve, en tant que phénomène psychique, qui est ici interprété. A travers l’analyse de certains rêves, Freud exprime l’idée du souhait inconscient, des processus primaires, des associations libres, de tout ce qui concerne la force de pulsion du rêve. Le « Traum » du titre signifie bien le rêve comme objet, tandis que le terme « Deutung » qui lui est accolé évoque l’interprétation comme mode d’analyse d’un objet, le rêve. Précisons d’ailleurs qu’en allemand, dans les mots composés, rien n’indique que le premier terme soit un pluriel ou un singulier. Nous avons à contrario traduit « Traumbuch », non par « livre du rêve » mais bien par « livre des rêves », la clef des songes. Il s’agit de ces petits livres qu’on trouve sur certains marchés, et auxquels Freud se rapporte dans ses écrits. Pour revenir au changement de titre, il faut également y voir la marque de ce qui se passe depuis quelques années dans la communauté psychanalytique : l’évolution s’est faite peu à peu, et parler de « l’interprétation du rêve » est devenu assez commun depuis au moins une quinzaine d’années.

 

  • De quelle nature sont les principaux apports théoriques des ajouts de Freud, par rapport au texte de 1900 ?

Jean Laplanche : En dehors de quelques rêves, les ajouts sont essentiellement de l’ordre du symbolisme, ce qui n’est pas forcément un élément positif selon moi. Freud se convertit à des significations préétablies symboliques, alors que la théorie de départ signifie : « chaque interprétation de rêve est unique, chacun crée ses propres symboles, il n’existe pas de symbole universel ». Ce changement se situe à partir de 1908, à l’époque de la rencontre avec C. G. Jung.

 

  • Après ces quatre années au contact quotidien de « L’interprétation du rêve », pouvez-vous nous dire ce que vous retenez de ce texte, quel rapport intime avez-vous eu avec lui?

Jean Laplanche : Comme je le laissais entendre, « L’interprétation du rêve » de 1900 me fascine. Bien davantage que tous les ajouts postérieurs. Ce jeune Freud est pour moi un véritable aventurier du rêve. Il ne se convertira que plus tard au symbolisme qui irrigue les ajouts. Beaucoup n’ont d’ailleurs retenu que cet aspect, tel Claude Levi-Strauss qui ne parle de psychanalyse qu’en terme de symbolisme.

Pierre Cotet : Sur la forme, ce livre nous donne le meilleur et le pire de Freud, et m’a en même temps fasciné, irrité et fatigué. Des descriptions de rêves, véritables pages d’anthologie, voisinent avec des commentaires de rêve confinant parfois au charabia. Cet ouvrage, bien qu’un des premiers de la carrière de Freud, est le livre synthétique d’un grand Freud. Freud travaillera sur le rêve pendant toute sa vie, d’ailleurs son dernier écrit, juste avant sa mort, était encore consacré au rêve.

François Robert : Pour la première fois on pourra découvrir dans une simple note de bas de page, jamais traduite jusqu’alors, ce que tout lecteur français connaît depuis toujours sous le nom de « réalité psychique ». Le « réel psychique » original a ensuite laissé place en 1914 à « réalité psychique » : un changement majeur, pointe de la métapsychologie freudienne, qui ne peut apparaître que dans une note de bas de page, et laissé tel quel dans la traduction par souci de fidélité !

Janine Altounian : En travaillant sur une telle œuvre, on est enlisé par moments dans un « fatras », et subitement, on crie au génie, béat, en se demandant comment Freud a pu faire de telles découvertes et en le redécouvrant à chaque fois. Avec lui, on assiste, à travers les mots, au fonctionnement de l’inconscient.

Alain Rauzy: Pour reprendre la formule choc de Freud, qui n’apparaît d’ailleurs que dans l’édition de 1909, «L’interprétation du rêve est la via regia (la voie royale) menant à la connaissance de l’inconscient ».

Jean Laplanche : « Pour moi, « L’interprétation du rêve » marque la différence entre la psychanalyse et ce que n’est pas la psychanalyse. L’interprétation du rêve en tant que pratique analytique, faite sans formalisme excessif reste vraiment selon moi la clef d’un accès à l’inconscient. Quant à ce livre, je pense qu’il va venir comme une force de pulsion. Nous sommes attendus… »

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Œuvres complètes - psychanalyse - vol. XVII : 1923-1925

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Les textes concernant la psychanalyse, écrits par Freud entre 1923 et 1925, dont le célèbre texte Inhibition, symptôme et angoisse.

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