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Georg Simmel

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Cet article provient du Dictionnaire de la pensée sociologique, sous la dir. de M. Borlandi, R. Boudon, M. Cherkaoui et B. Valade.


 


SIMMEL Georg, 1858-1918


Né à Berlin et mort à Strasbourg, il a développé une activité de sociologue et de philosophe. Ses détracteurs ont été nombreux et sa carrière universitaire médiocre est sans rapport avec l’importance de son œuvre : c’est seulement en 1914 qu’il est nommé professeur ordinaire à Strasbourg, avec un enseignement de sociologie et de philosophie. Outre l’antisémitisme dont il a été victime, sa conception de la sociologie, sans antécédents, a nui à sa reconnaissance institutionnelle. Il s’est éloigné de la tradition allemande qui conjuguait les apports des sciences économiques, politiques, morales, avec une éminence particulière accordée à la nation, au peuple (Volk), pour constituer une discipline à part, la sociologie, vouée non pas à l’étude de la société comme un substrat initial dont les individus seraient les produits, mais à celle des formes de l’action réciproque des individus. Le caractère totalement original de son œuvre autorise à ne pas surévaluer l’importance des auteurs, prédécesseurs et contemporains, qui ont retenu son attention : de Hegel à Bergson, de Marx à Tönnies.


En qualité d’épistémologue des sciences sociale, notre auteur, continuateur de Kant sur ce point, entreprend une critique en règle de ce que l’on désigne sous les termes de naturalisme ou de réalisme. Selon lui, le réalisme en histoire commet la même erreur que le réalisme en art : lui aussi croit recopier la réalité sans remarquer que cette copie est déjà une stylisation. Reconduisant en histoire et par extension dans les sciences sociales puis en esthétique la démonstration kantienne, il établit contre les tenants du naturalisme que l’esprit n’est pas le dispositif passif enregistrant le procès verbal du réel : il est activité, principe de construction et de mise en forme. Dans Les Problèmes de la philosophie de l’histoire ([1907] 1984), l’ “ histoire ” signifie que l’événement, qu’on ne peut vivre que directement, est mis en forme d’après les a priori de l’esprit scientifique, de même que la “ nature ” signifie la mise en forme du matériau donné par les sens par les catégories de l’entendement. Il n’y a pas lieu, martèle Simmel, d’assimiler la notion de vérité historique à celle de réalité vécue et de faire de la seconde l’idéal de la première.


Au début du siècle, à l’époque où la sociologie cherche à faire valoir sa légitimité comme discipline autonome, Simmel en propose un programme sans antécédent, véritable effraction par rapport à celui de son contemporain Durkheim. Pour notre auteur, la sociologie, en s’intéressant à différents contenus de la socialisation comme l’éducation, le droit, la religion, ne constituerait ce faisant qu’une coquille vide, arbitrairement et stérilement placée à côté des autres sciences humaines. Ainsi, la promotion de la société comme entité séparée exigeant une appréhension holiste des faits sociaux serait à verser au chapitre de l’habileté rhétorique et non à celui de l’invention de paradigmes. Deux notions clés doivent opérer simultanément pour produire un authentique savoir sociologique : celle d’action réciproque (Wechselwirkung) et celle de forme (Form).


L’œuvre maîtresse de Simmel sociologue, la Sociologie ([1908] 1999), en montrant la nécessaire articulation de ces deux notions, délimite le champ original d’une sociologie “ pure ” ou “ formelle ”. Elle étudie dans la société ce qui n’est que société, là est son domaine spécifique. Si l’on s’écarte de cette voie, on pratique la sociologie comme une simple méthode (Durkheim pourra donc s’offusquer de voir sa sociologie ramenée à cette unique dimension, telle une étiquette apposée sur un savoir antécédent). Faute de circonscrire l’espace d’une sociologie formelle, “ on ne distingue pas entre ce qui arrive simplement à l’intérieur de la société comme dans un cadre, et ce qui arrive par la société ”. L’ouvrage de 1908 étudie la plasticité des formes sociales dont il ne prétend pas donner une liste exhaustive, il évoque les formes de domination et de subordination, celles de la concurrence, celles du conflit, de la division du travail, de la formation de partis. Les formes de la domination et de la subordination se retrouvent dans des contenus très divers, aussi bien dans une communauté religieuse que dans un groupe économique. Dans toute concrétion sociale existante, contenu et forme sociale constituent une réalité concrète unitaire. C’est au sociologue qu’il revient de procéder au travail d’abstraction qui sépare ces deux moments, lesquels se compénètrent intimement dans la réalité : “ Les formes de l’action réciproque ou de la socialisation ne peuvent être réunies et soumises à un point de vue scientifique unitaire que si la pensée les détache des contenus, qui ne deviennent des contenus sociaux que par elles. ” Ainsi, c’est par sa façon de voir, par l’abstraction qu’elle réalise, que la sociologie se distingue des autres sciences.


L’objet de la Sociologie consiste à édifier donc une sociologie “ pure ” ou “ formelle ”, c’est-à-dire à extraire les formes de la socialisation de leurs contenus et fins, des pulsions qui les ont suscitées mais ne sont pas encore sociales par elles-mêmes. En effet, la simple coexistence d’individus ne constitue pas d’emblée une société ; pour que cette dernière existe, il faut que les individus entrent en relation les uns avec les autres, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers, qu’ils exercent différents types d’influence les uns sur les autres. Cette nécessaire dynamique dessine les traits de la socialisation (Vergesellschaftung), l’action d’une société en train de se faire. De la sorte, la démarche de Simmel ne saurait être holiste ; elle suppose une conception particulière de l’unité procédant de l’interaction entre différents éléments, en sorte que l’individuel chez lui n’est pas un atome initial et irréductible, il est issu d’échanges réciproques, “ car au sens empirique, l’unité n’est pas autre chose que l’action réciproque d’éléments ”. Dans son ouvrage de 1917, Questions fondamentales de la sociologie, il trouve cette heureuse formule, qui montre bien la nature, non pas innée, mais acquise, de l’existence proprement sociale : “ Il y a le fait que la coexistence d’individus ayant des rapports réciproques entre eux engendre en chacun d’eux ce qu’on ne saurait expliquer à partir d’un seul. ” En conséquence de la réfutation d’un individualisme atomique d’une part et d’une démarche holiste d’autre part, la sociologie doit abstraire les formes des actions réciproques des contenus de la socialisation qui ne sont pas encore sociaux par eux-mêmes.


Deux reproches principaux ont été adressés à Simmel par Durkheim en 1900 et en 1903 (dans un article rédigé avec Fauconnet ; cf. Rammstedt, 1998) relatifs à sa sociologie. Le premier stigmatise l’abstraction de la forme proposée par Simmel. Selon son homologue français, elle ne serait pas légitime et violerait un principe assez vague de ce que l’on pourrait appeler “ la nature des choses ” ; cette réserve repose sur un contresens volontaire ou non qui a pour effet de travestir la notion de forme en “ contenant ”, distincte du contenu. La notion de “ contenant ” fait violence à l’esprit de Simmel pour qui la notion de forme instille une perception dynamique et non statique de la socialisation. Il aurait le tort de ne pas prendre en compte la “ main de la société ”. Cette omission est parfaitement logique chez Simmel dont la sociologie est aux antipodes, par sa conception et ses buts, de celle de Durkheim. Chez Simmel, nulle trace d’un déterminisme social dicible métaphoriquement en “ main de la société ” ; le seul jeu des interactions produit la société dont il se propose d’étudier les formes. Alors que Durkheim, procureur et éducateur, conçoit une population endémiquement dangereuse à qui il convient d’imposer contrainte, coercition et sens du respect, Simmel non seulement s’interdit tout interventionnisme mais, par le fait même de son interactionnisme, voit opérer des systèmes d’autorégulation porteurs d’une relative stabilité sociale qui rendent l’intervention possible du sociologue dans le champ politique aussi bien superflue qu’illégitime. C’est le sens de la suppression du développement sur l’honneur dans l’article de Simmel pour le premier volume de L’Année sociologique demandé par Durkheim alors que la brouille entre eux n’était pas consommée (cf. Deroche-Gurcel, 1997, 431-433).


L’honneur représente pour Simmel le cas intéressant où l’action réciproque produit par son seul développement des normes contraignantes de fait qui ne sont pourtant pas institutionnelles, qui ne découlent pas de la coercition d’organes sociaux s’imposant aux individus déviants ; il amène, comme une ruse de la raison en quelque sorte ; à inciter l’homme à faire de son devoir social son salut personnel. En fait, et sans le mentionner explicitement, Durkheim, pour qui “ la sociologie n’est et ne peut être que le système, le corpus des sciences sociales ”, doit combattre par tous les moyens, soient-ils contestables scientifiquement, un collègue pour qui cette façon de voir condamne la sociologie à n’être qu’une méthode, comme Simmel l’établit : “ Aux sciences particulières d’ordre historique, psychologique ou normatif qu’on a séparées artificiellement il faudrait substituer la science de la société [...]. Il est clair que cette définition qui tend à tout attribuer à la sociologie la dépouille tout autant que l’autre qui ne veut rien lui attribuer. En effet, du moment que la science du droit et la philologie, la science politique et littéraire [...] ainsi que toutes les autres sciences qui se sont partagé la sphère de l’humain continueront malgré tout à subsister, on ne gagne rien à jeter l’ensemble des sciences dans un même pot, pour y coller la nouvelle étiquette de la sociologie. ”


Cette lecture impropre de Simmel réduit sa sociologie des formes d’action réciproque à un formalisme. D’une comparaison à vocation pédagogique entre la sociologie et la géométrie établissant que pas plus la première que la seconde ne peut exister sans une matière dont elle étudie les formes, et que l’une comme l’autre abandonnent à d’autres sciences l’étude des contenus qui se présentent sous ces formes, on en a conclu au formalisme de Simmel. Pourtant celui-ci précise les limites de la comparaison, la géométrie dispose de constructions simples auxquelles on peut réduire des figures plus complexes, alors que la sociologie opère sur des données historiques complexes impropres à leur conversion en épure, si tel était le cas, le gain épistémologique serait de peu de prix ; ainsi, quand on dit que les relations de domination et de subordination constituent une forme repérable dans la grande majorité des socialisations, le bénéfice conceptuel est modeste ; la recherche est fructueuse lorsque l’on interroge les modes particuliers de ces relations.


Cet objectif, lorsqu’il est atteint, entraîne une autre réticence, là aussi non fondée à l’égard de Simmel, l’accusation de “ psychologisme ”. L’abstraction qui préside à l’élaboration des formes ou modèles implique un usage très particulier de la psychologie. Pour que l’action des hommes nous soit compréhensible, force est d’admettre qu’elle est entièrement constituée par des enchaînements psychiques : ce constat pour autant n’impose pas à la sociologie de se diluer dans la psychologie. Simmel différencie les processus psychiques internes à l’individu, qui relèvent du psychologue, des contenus psychologiques qui concernent le sociologue ; celui-ci s’intéresse non à la psychologie intérieure comme processus, mais à l’effet des facteurs psychologiques, amour, haine, jalousie, dépit, dans la mesure où ils engendrent des formes sociologiques. Ainsi, dans la réalité, bien que la situation du primus inter pares se présente comme un processus psychique concernant le désir de pouvoir, l’orgueil et autres considérations affectives, ce n’est pas cet aspect qui intéresse le sociologue ; il s’agit pour lui d’étudier quelles formes de socialisation résultent de cette combinaison de passions : comment s’articulent les divers stades de domination et subordination, existe-t-il un seuil et si oui, lequel, où la domination dans une relation cesse d’être compatible avec différents rapports d’égalité.


La véritable aporie épistémologique qui a gêné Simmel de 1890, année de la publication de son livre sur la différenciation sociale, à 1894 lorsqu’il publie “ Le problème de la sociologie ” (repris in Simmel, 1981, 163-171), réside dans l’apparition successive de deux notions dont on doit disposer de façon concomitante pour pratiquer sans entrave la sociologie de Simmel. En 1890, ayant posé l’action réciproque comme la dynamique dont est issue la socialisation, il ne masque pas les difficultés immanentes au déploiement de cette unique notion. Si elle n’est pas tempérée arbitrairement par certaines limites, l’action réciproque ferait passer indûment pour sociales des relations qui ne seraient en fait que subjectives en raison de leur labilité et du nombre restreint des acteurs qui en sont les vecteurs. Pour éliminer un premier ensemble de difficultés, c’est le facteur de la durée et du nombre des individus qui cautionnera le caractère social de l’entité étudiée. En 1890 c’est donc l’idée de la permanence, de la succession, de ce qui dure et se cristallise en formations stables, continues, qui sera affichée faute de mieux. Ne disposant que de l’action réciproque, il fait une exception pour contenir hors de la socialisation le conflit et la guerre qui représentent une forme inédite d’action réciproque. En 1894, lorsqu’il élabore la notion de forme distincte des contenus de socialisation, toutes les difficultés, les exceptions tombent : à partir de l’instant où l’on dispose conjointement des notions de forme et d’action réciproque, les actions réciproques passagères, vécues par un petit nombre d’individus, en bref la micro-sociologie, constituent un domaine d’investigation légitime. Ce ne sont plus le nombre des acteurs ni la durée de leur relation qui servent de marqueur social, mais la forme de socialisation configurée par eux en dehors des mobiles et des intérêts matériels qui ont suscité l’action réciproque.


Simmel, avec ses notions de forme et de typification, est le créateur de ce que son lecteur très attentif, Weber, a développé après lui sous le terme de type idéal (dans le chapitre 3 de la Sociologie, Simmel met au point tout le lexique efficace à cet effet). Il manifeste sa modernité épistémologique par l’effet d’un double travail. D’une part, il donne l’énoncé succinct de la mission de la sociologie naissante : elle doit “ poser ses concepts [...] dans une pureté et une abstraction totale ” qui n’apparaissent jamais à cet état pur dans les réalisations historiques et sociales, car le réel déborde toujours les catégories qui tentent d’en rendre compte. À cette fin, il convient de “ transformer le phénomène historique de telle façon que son unité soit décomposée en un nombre de concepts et de synthèses déterminés de façon purement unilatérale ”. D’autre part, il exécute aussi la tâche inverse complémentaire : non plus seulement celle qui consiste à isoler de leur contenu les formes pures de la socialisation, mais aussi celle qui, régressant de la forme pure à ses composantes, montre la diversité, parfois l’hétérogénéité de phénomènes qui ont pourtant vocation à être subsumés unilatéralement sous une seule forme ou modèle. Le langage des polarités ou des dichotomies conceptuelles employées par Simmel correspond au langage des variables de la sociologie moderne, les polarités ne sont pas autre chose que les limites d’un continuum. Ainsi, nivellement et privilège, au-delà de leur antinomie apparente, sont deux acceptions de la forme de la subordination ; secret et parure réfèrent à la forme de l’ornement, le vol et le cadeau sont aussi les deux termes d’un continuum dont la forme est celle de l’échange. En d’autres termes, la sociologie de Simmel met au jour les ressources cognitives de la métaphore qui consiste selon Aristote à voir le semblable en voyant le même dans le différent (c’est le cas des exemples cités supra), dans l’énoncé métaphorique, le semblable est aperçu, en dépit de la différence, malgré la contradiction.


Dans la Philosophie de l’argent ([1900] 1987), Simmel étudie l’ambivalence de la modernité. L’individu possède la faculté, entraînée par le développement de l’économie monétaire, de subir la modernité comme une entrave à son individualité, ou de la saisir comme le moyen de réaliser ses fins les plus personnelles. L’homme blasé incarne une figure importante de la modernité, cet être rationnel souffre d’autant plus de sa situation que, aussi bien qu’un autre il sait mesurer toute chose à l’aune de sa valeur monétaire, il est celui qui sachant répondre à la question “ combien ”, se détourne des objets qui lui sont proposés : il conçoit les différences mais ne manifeste pas de préférence. L’importance récente de la circulation monétaire ne produit pas uniquement ce désenchantement ; la rémunération en argent et non plus en nature objective les prestations des acteurs qui, leur travail accompli, sont affranchis de la dépendance qui était la leur lorsque leur emploi, à domicile, leur assurait presque uniquement le gîte et le couvert en échange d’une quasi totale disponibilité. Cette libération par le versement d’un salaire en argent ne signifie pas à tout coup une élévation du niveau de vie, puisqu’il arrive que le travail ne suffise pas à assurer le toit et le couvert, mais il assure une libération objective du salarié vis-à-vis de l’employeur.


Cette ambivalence de la modernité opère aussi dans l’art par le jeu d’oxymores irrecevables par la logique mais cependant pleins de sens pour l’âme moderne. La radicalité du mouvement est traduite par Simmel au sujet de Rodin dans le lexique de l’instant, de la simultanéité, et non plus comme dans l’art néo-classique, dans celui de la durée, de la succession aptes à dérouler le fil d’une narration : l’homme n’est plus alternativement inquiet puis heureux, puis effrayé puis rassuré, gai puis mélancolique, il vit la polarité de ces contrastes dans l’instant même.


 


Gesamtausgabe, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, depuis 1989 ; Über soziale Differenzierung, Leipzig, Duncker & Humblot, 1890 ; (1900), La Philosophie de l’argent, Paris, puf, 1987 ; (1907), Les Problèmes de la philosophie de l’histoire, ibid., 1984 ; (1906), La Religion, Strasbourg, Circé, 1998 ; (1908), Sociologie, Paris, puf, 1999 ; Sociologie et épistémologie, Paris, puf, 1981 ; (1911), La Tragédie de la culture et autres essais, Paris, Rivages, 1988 ; (1916), Rembrandt, Strasbourg, Circé, 1994 ; Sociologie et épistémologie, Paris, puf, 1981 ; La Parure et autres essais, Paris, Éd. de la msh, 1998 ; Michel-Ange et Rodin, Paris, Rivages, 1990.


 


Déroche-Gurcel L., Simmel et la Modernité, Paris, puf, 1997. — Déroche-Gurcel L., Watier P. (éd.), La Sociologie de Georg Simmel (1908), Paris, puf, 2002. — Frisby D., Sociological Impressionism, Londres, Heinemann, 1981. — Helle H. J., Soziologie und Erkenntnisse Theorie bel Georg Simmel, Darmstadt, 1988. — Léger F., La Pensée de G. Simmel, Paris, Kimé, 1987. — Levine D. N., Simmel and Parsons : Two Approaches to the Study of Society, New York, Arno Press, 1980. — Rammstedt O., “ Les relations entre Durkheim et Simmel dans le contexte de l’affaire Dreyfus ”, L’Année sociologique, 1998, 48, p. 139-162.


 


Lilyane Déroche-Gurcel