François Bourricaud : Livres et Livres Numériques (Ebook) - Bibliographie | PUF  

François Bourricaud

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Cet article provient du Dictionnaire de la pensée sociologique, sous la dir. de M. Borlandi, R. Boudon, M. Cherkaoui et B. Valade, Paris, PUF, coll. “ Quadrige/Dicos poche ”, 2005.


BOURRICAUD François, 1922-1991


Figure originale de la sociologie française, “ sociologue des valeurs dans la tradition wébérienne ” (Birnbaum, 1992, 417), professeur à Bordeaux puis à la Sorbonne, homme de culture étendue et esprit curieux, Bourricaud a produit une œuvre nuancée articulant les recherches théoriques – notamment en sociologie politique et en sociologie de l’ethnicité et du métissage – à de nombreux travaux d’observation directe de l’état présent de la société. Il a en outre contribué à la diffusion d’un individualisme méthodologique et institutionnel mis au service d’une véritable sociologie critique.


Le premier ouvrage remarqué de Bourricaud est issu de sa thèse de doctorat, Esquisse d’une théorie de l’autorité (1961). À partir d’une lecture des classiques de la psychologie sociale américaine – qu’il a contribué à faire connaître en France –, il s’interroge sur les fondements du pouvoir, les méthodes de gouvernement, et cherche à établir une théorie de l’autorité “ rationnelle-légale ”. Cette réflexion sur la méthode et les passions démocratiques dans les sociétés occidentales sera poursuivie dans ses ouvrages ultérieurs (cf. notamment 1980).


Dans des analyses devenues classiques de la vie sociale péruvienne (1962, 1967), Bourricaud propose une nouvelle approche des phénomènes du changement social en rupture avec les théories alors dominantes de l’explication du sous-développement.


Bourricaud est aussi reconnu comme une référence internationale pour son interprétation de l’œuvre de T. Parsons qu’il s’attache à faire connaître en France (1955, 1987). Très tôt, à la suite de Parsons, il affirme, à l’époque à contre-courant, que “ les “faits sociaux” doivent être traités en termes d’action ” (1955, 94), annonçant des analyses plus tardives (1975, 1982) qui marqueront le repositionnement du rôle des actions individuelles et de leur agrégation, la pertinence du point de vue de l’acteur dans la compréhension des phénomènes sociaux, et la réfutation du sociologisme et du holisme au profit de l’individualisme institutionnel qui porte l’accent sur la dimension intentionnelle et stratégique des comportements sociaux d’individus en interaction, et jouant des rôles.


Dans son dernier écrit (1989) on a pu lire (Girard, 1992, 15) une précision de sa propre conception du libéralisme – un libéralisme tocquevillien : “ J’appellerai libéraux ceux qui s’intéressent non pas à la Liberté avec un grand L, mais aux conditions institutionnelles de leur liberté comme membres de la société politique ” (1989, 87).


 


l En marge de l’œuvre de Talcott Parsons : la sociologie et la théorie de l’action, introduction à T. Parsons, Éléments pour une sociologie de l’action, Paris, Plon, 1955 ; Esquisse d’une théorie de l’autorité, Paris, Plon, 1961 ; Changements à Puno. Étude de sociologie andine, Paris, Travaux et Mémoires de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, 1962 ; “ Contre le sociologisme, une critique et des propositions ”, RFS, 1975 (16 suppl.), 583-603 ; L’Individualisme institutionnel. Essai sur la sociologie de Talcott Parsons, Paris, puf, 1977 ; Le Bricolage idéologique. Essai sur les intellectuels et les passions démocratiques, Paris, puf, 1980 ; (1982), Dictionnaire critique de la sociologie, Paris, puf, 2000 (avec R. Boudon).


 


u Birnbaum P., “ In memoriam François Bourricaud ”, RFS, 1992, 33 (3), 417-419. — Girard A., “ L’individualisme de François Bourricaud (1922-1991) ”, L’Année sociologique, 1992, 42, 7-17. — Kamrane R., “ François Bourricaud (1922-1991) ”, in A. Jacob (éd.), Encyclopédie philosophique universelle, Paris, puf, 1992, vol. 3, t. 2.


 


Jean-Pierre Lavaud et Annie Devinant