La première édition critique de Bergson

Un article de Puf.

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Équipe éditoriale de l'édition critique de Bergson (2009)

Sommaire



Présentation

2007, année Bergson

À l’occasion du centenaire de L’évolution créatrice de Bergson, inscrit aux Célébrations nationales par le ministère de la Culture, les Presses Universitaires de France lancent la première édition critique des œuvres du philosophe,directement accessible en poche, dans la collection « Quadrige ».


Horizon 2011 : les œuvres complètes de Bergson

L’opération se fera en trois temps – 2007, 2009 et 2011 – et concernera, outre tous les livres publiés par Bergson, des conférences et articles indispensables à l’intelligence de l’œuvre, des extraits de la correspondance, et différents cours, notamment parmi les leçons inédites du Collège de France. Des études critiques accompagneront la publication de ces textes bergsoniens, à commencer par les volumes des Annales bergsoniennes, accueillies, depuis leur fondation, par la collection « Épiméthée » dirigée par Jean-Luc Marion.


Les principes généraux de l'édition critique de l'œuvre de Bergson

Cette première édition critique des œuvres de Bergson répond à un double principe : offrir d’abord le texte intégral du livre tel que l’a publié Bergson, dans sa pagination de référence inchangée ; le compléter ensuite par un dossier comportant des notes informatives et explicatives ainsi que les variantes éventuelles du texte, une table analytique de l’ouvrage, une série originale d’index, une anthologie des « lectures » majeures et une bibliographie commentée. Cette première édition critique met bien évidemment à profit les progrès considérables réalisés par la recherche bergsonienne depuis une quinzaine d’années, éclaircissant notamment le rapport de Bergson à l’histoire de la philosophie, et d’une manière systématique, aux sources scientifiques auxquelles il a puisé.


L’œuvre philosophique de Henri Bergson appelle, comme toute grande œuvre classique, tout à la fois à être lue pour elle-même, comme si elle venait de paraître, et à être étudiée de la manière la plus rigoureuse, grâce à des instruments de travail à la mesure de son importance et de ses effets.


  • Le texte de chaque œuvre de Bergson y sera donné intégralement et de manière indépendante. Des appels de note signaleront les notes de l’éditeur, qui seront cependant renvoyées au « dossier ». Ces appels de note, qui plus est, ne modifieront pas la pagination du texte, qui reste celle des précédentes éditions de référence, dans la même collection, reprise en marge de l’édition dite du Centenaire donnée en 1959 par André Robinet (avec une introduction de Henri Gouhier) dans le volume des Œuvres.


  • L’édition que l’on vient de citer, par André Robinet, comportait un « apparat critique » indiquant les variantes, lorsqu’il y en avait, entre les différentes publications du texte de Bergson. Ces variantes sont intégralement reprises parmi les notes du dossier.


  • Un « dossier » est établi pour chaque volume par un ou plusieurs éditeurs appartenant à une même équipe et selon les mêmes principes. Il comprend à chaque fois :

– un appareil de notes précis et extensif signalant et éclairant notamment les références historiques, scientifiques, philosophiques ; les renvois internes à un même livre et aux autres livres de Bergson ; les principales notions ou difficultés du texte lui-même ;

– une table analytique de l’ouvrage (rappelant, outre les intitulés de Bergson même en italiques, les articulations principales de l’ouvrage, en gras, et le détail de son mouvement) ainsi qu’une série d’index dont la précision et la multiplicité permet de ressaisir la richesse et la continuité même du livre : index des noms, des notions, des exemples, des images ;

– une brève anthologie des « lectures » majeures de l’ouvrage ainsi qu’une bibliographie extensive et commentée le concernant.


C’est aux attentes mêmes suscitées par la lecture et l’étude du texte de Bergson, d’abord expérimentées par les éditeurs eux-mêmes (tous spécialistes de cette œuvre), qu’il s’agit ainsi de répondre.

L'équipe éditoriale


Frédéric WORMS

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, Frédéric Worms est professeur d’histoire et de philosophie contemporaine à l’université de Lille III et directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine à l’École normale supérieure. Il est président de la Société des amis de Bergson et l’un des meilleurs spécialistes au monde de Henri Bergson. Il dirige aux PUF l’édition critique de l’œuvre de Bergson publiée depuis 2007, les Annales bergsoniennes dans la collection « Épiméthée », et la collection « Philosophie française contemporaine » dont les premiers titres sont parus en 2010.



Camille RIQUIER

Agrégé et docteur en philosophie, Camille Riquier a enseigné à l'Université de Paris IV-Sorbonne de 2003 à 2007 et bénéficie actuellement d'un post-doc à l'Université de Lille III. Il a réalisé l'Édition critique de Matière et mémoire (PUF, 2008) et a écrit Archéologie de Bergson. Temps et métaphysique (PUF, 2009). Il co-dirige, avec Frédéric Worms, le volume Lire Bergson, paru en janvier 2011 en « Quadrige/Manuels ».




Guillaume SIBERTIN-BLANC

Ancien élève de l’École Normale Supérieure (ENS-LSH) Lyon, agrégé et docteur en philosophie, Guillaume Sibertin-Blanc est PRAG à l'Université Toulouse-Le Mirail, membre de l'équipe pédagogique du Centre international d'Étude de la philosophie française contemporaine (ENS Ulm), et chercheur associé au centre de recherche ERRAPHIS (Toulouse) où il coordonne le Groupe de Recherches Matérialistes. Il a récemment publié : l’Édition Critique, Le Rire, Henri Bergson (PUF, 2008) ; Philosophie Politique XIXe-XXe siècles (PUF, 2008) ; Deleuze et L’Anti-OEdipe. La Production du désir (PUF,2009).



Élie DURING

Élie During est actuellement maître de conférences en philosophie à l’Université de Paris Ouest–Nanterre et membre du Centre International d’Étude de la Philosophie Française Contemporaine (ENS-Paris). Ses recherches portent notamment sur les constructions d’espaces-temps (science, métaphysique, esthétique). Il co-dirige aux PUF la collection « MétaphysiqueS » (2009) et a publié Bergson et Einstein : la querelle de la relativité (PUF, 2010).



Ghislain WATERLOT

Maître de conférences en philosophie et en éthique à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Genève, Ghislain Waterlot est directeur de l'Institut Romand de Systématique et d'Éthique. Il a réalisé, avec Frédéric Keck, l'Édition critique des Deux Sources de la morale et de la religion (PUF, 2008) et a dirigé le volume Bergson et la religion (PUF, 2008). Il est aussi l'auteur de Rousseau. Religion et politique (PUF, 2004).







Arnaud FRANÇOIS

Arnaud François est maître de conférences à l'Université Toulouse II-Le Mirail. Secrétaire de la Société des amis de Bergson et membre du Comité scientifique des Annales bergsoniennes, il est l'auteur de Bergson, Schopenhauer, Nietzsche. Volonté et réalité (PUF, 2008), Bergson (Ellipses, 2007), ainsi que de la première Édition critique de L'évolution créatrice de Bergson (PUF, 2007).




Frédéric KECK

Chargé de recherche au CNRS (Institut Marcel Mauss), Frédéric Keck a publié Lévi-Strauss et la pensée sauvage (PUF, 2004), Claude Lévi-Strauss une introduction (La découverte, 2005) et Lucien Lévy-Bruhl, entre philosophie et anthropologie (CNRS, 2008). Il a participé à l'édition des œuvres de Lévi-Strauss en « Bibliothèque de la Pléiade » (Gallimard, 2008) et à l’Édition critique de l’œuvre de Bergson (PUF, 2008).




Arnaud BOUANICHE

Professeur de philosophie au lycée Marguerite de Flandre de Gondecourt (Nord), Arnaud Bouaniche est chargé de cours à l'Université Paris I–Panthéon Sorbonne. Ses travaux portent sur la philosophie française contemporaine, de Bergson à Deleuze, auquel il a consacré un livre, Gilles Deleuze, une introduction (Pocket, 2007). Il est l'auteur d'une thèse sur « L'expérience de la nouveauté dans la philosophie de Bergson ».




Stéphane MADELRIEUX

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé et docteur en philosophie, Stéphane Madelrieux est maître de conférences à l'Université Jean Moulin - Lyon 3. Il est l’auteur de William James. L’attitude empiriste (PUF, 2008).








Claire MARIN

Normalienne, agrégée et docteur en philosophie, Claire Marin est l’auteur d’une thèse sur l'habitude dans la philosophie française au XIXe et XXe siècle. Actuellement, son travail de recherche porte sur l'expérience de la maladie et ses effets sur le sentiment d'identité. Elle est l'auteur de Violences de la maladie, violence de la vie (Armand Colin, 2007) et de Hors de moi (Allia, 2007).





Frédéric FRUTEAU DE LACLOS

Agrégé et docteur en philosophie, Frédéric Fruteau de Laclos est maître de conférences à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, et membre de l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques. Ses travaux portent sur les rapports entre la philosophie et les sciences dans la pensée française du XXe siècle. Il est l'auteur de L'épistémologie d'Émile Meyerson. Une anthropologie de la connaissance (Vrin,2009) et Le cheminement de la pensée selon Émile Meyerson (PUF, 2009).



Les œuvres de Bergson en « Quadrige »

Déjà parus


Matière et mémoire

édition critique par Camille Riquier


Dans Matière et mémoire, son deuxième grand livre (1896), Bergson montre comment notre mode de connaissance habituel, fondé sur l’espace, nous masque l’essence de l’esprit, celle de la matière, et leurs relations. On croit que l’esprit est fait d’éléments isolés (d’où une stricte localisation cérébrale) : c’est un acte temporel. On croit que la matière est faite d’objets séparés : c’est un ensemble de mouvements, même si notre corps en isole des « images ». Dans les deux cas, l’espace nous masque la durée. Solution originale au problème classique du dualisme, appuyée sur une discussion scientifique et métaphysique, ce livre est essentiel dans cette œuvre, dans son temps, et aujourd’hui encore.




Les deux sources de la morale et de la religion

édition critique par Frédéric Keck et Ghislain Waterlot


Dans Les deux sources de la morale et de la religion, son dernier grand livre (1932), Bergson ne se contente pas d’établir la distinction entre le clos et l’ouvert comme critère absolu, en morale, mais aussi en religion (et même dans chaque religion) et en politique. Il en recherche le double fondement, dans la structure immuable de notre espèce, d’un côté dans les actes imprévisibles des grands hommes de bien ou des mystiques, de l’autre. Loin de s’appuyer sur une métaphysique toute faite, ce livre la renouvelle, en discutant aussi avec les sciences de son temps, dont la sociologie loin de prêcher une morale désuète, il se place au cœur de son époque loin de cautionner une critique de la démocratie, ou de la technique, il les place au centre des choix des hommes. Il est urgent de le relire.




La pensée et le mouvant

édition critique par Arnaud Bouaniche, Anthony Feneuil, Arnaud François, Frédéric Fruteau de Laclos, Stéphane Madelrieux, Claire Marin, Ghislain Waterlot


Il faut remettre La pensée et le mouvant dans un triple mouvement. C’est d’abord une tension critique : la pensée humaine, selon Bergson, manque le mouvement qui est la réalité même des choses. Mais c’est aussi un effort, toujours repris : inventer, avec une rigueur inégalée, les concepts, les méthodes pour dépasser cet obstacle, accéder à cette réalité. C’est donc enfin le sommet d’une œuvre, dernier livre de son auteur, en 1934, deuxième recueil de ses essais essentiels, dont chacun a fait époque mais c’est aussi son intuition la plus originale.




Durée et simultanéité

édition critique par Élie During


Durée et simultanéité : ce sont ici deux manières de penser les relations entre les systèmes temporels en mouvement dans l’Univers. Einstein ayant définitivement ébranlé la seconde, qu’en est-il de la première ? Telle est la question posée par Bergson dans ce livre, occasion d’une rencontre exceptionnellement profonde par son problème et ses enjeux, à travers une discussion scientifique et philosophique (un chapitre central sur « la nature du temps »), des malentendus, des critiques, des erreurs mêmes, qui ont pu en rendre la lecture difficile, depuis sa parution en 1922, mais que la présente édition éclaire pour la première fois, au point d’en faire, à nouveau, un événement.




L'énergie spirituelle

édition critique par Arnaud François, Camille Riquier, Stéphane Madelrieux et Ghislain Waterlot, Guillaume Sibertin-Blanc, Élie During


L’énergie spirituelle : telle est, non pas l’évidence facile, mais le problème commun posé par Bergson dans le premier des deux recueils où il rassemble (en 1919) ses essais les plus importants. Psychologique (ainsi sur « le rêve »), philosophique (ainsi sur « l’âme et le corps »), ce problème est surtout d’ordre pratique. L’« énergie » ne s’atteste ici que par des actions surmontant des obstables, non pas ceux d’un dualisme abstrait, mais d’une résistance concrète, qui sera bientôt celle de la morale ou de la religion « closes ». Ainsi, à travers chacun de ces essais devenus des classiques, trouvera-t-on à la fois l’unité et la diversité d’une œuvre encore en mouvement.




Le rire

édition critique par Guillaume Sibertin-Blanc


« Du mécanique plaqué sur du vivant ». Cette formule n’est pas elle même plaquée mécaniquement par Bergson sur le rire ! Bien au contraire, c’est un Bergson à la fois psychologue, sociologue, philosophe de l’art et moraliste qui écrit Le rire, essai sur la signification du comique, en 1900, au cœur d’une œuvre dont ce livre est une étape majeure, et d’un moment dont il traverse tous les enjeux. Une diversité infinie donc, mais plus que jamais dans une intuition, dans une écriture d’une simplicité extrême qui en font un chef-d’œuvre unique.







Introduction à la métaphysique

édition critique par Frédéric Fruteau de Laclos


Dans l’Introduction à la métaphysique (1903), Bergson propose une méthode pour dépasser l’écart qui nous sépare du réel et de nous-mêmes. Texte décisif en lui-même, à la charnière de sa vie et de son œuvre, étincelle qui enflamma la controverse du « bergsonisme » en Europe et au-delà, il importe plus que jamais de le redécouvrir.










La conscience et la vie

édition critique par Arnaud François


Dans La conscience et la vie (1911), il s’agit pour Bergson d’établir avec précision une analogie et des « recoupements » entre ces deux ordres, qui préservent la singularité de chacun d’eux, mais qui montrent aussi en quoi ils sont inséparables et en quoi, face aux mêmes obstacles, métaphysiques mais aussi, déjà, moraux, ils indiquent une même direction.









La perception du changement

édition critique par Arnaud Bouaniche


Dans La perception du changement, Bergson montre en quoi la limite de notre connaissance et la possibilité de la dépasser, loin d’être des problèmes abstraits et généraux, tournent autour du fait qui est au cœur du temps ou de la « durée » : le changement. L’obstacle qui nous en éloigne (source des faux problèmes de la métaphysique) une fois levé, on s’aperçoit qu’il était devant nous : c’est à sa perception, donc, qu’il s’agit de revenir.








L'intuition philosophique

édition critique par Ghislain Waterlot


Dans L’intuition philosophique, conférence prononcée d’abord au Congrès de Bologne, en 1911, on voit comment toute philosophie est déploiement d’une intuition. Non pas construction d’un système, donc, mais pas non plus contemplation immobile ou donnée, chaque philosophie est animée par cet acte ou cette impulsion simple, qui s’atteste par des refus critiques et des effets de vérité, qui oriente sa création et son interprétation, dans son histoire comme dans notre vie.







Écrits philosophiques


Distincts de ses livres, jalonnant les intervalles entre ses livres, édités comme ses livres dont il faut toujours repartir mais philosophiques aussi en eux-mêmes, riches d'une variété et de surprises innombrables (de la thèse latine aux messages ultimes en passant par essais et discours), tissés de rencontres singulières et de relations suivies (ainsi avec James, Jankélévitch ou Péguy) tels sont les Écrits philosophiques de Bergson réunis dans ce volume nouveau. Celui-ci achève donc l'édition critique de ses Œuvres, y renvoie de mille façons, et l'ouvre sur son moment comme sur le nôtre, aujourd'hui.






L'évolution créatrice


Si la vie est évolution, alors elle doit expliquer jusqu’à la connaissance, l’intelligence, la science et la technique de l’homme, homo faber s’il y a en elle de la création, alors ce n’est pas par un postulat extérieur, mais dans son histoire et dans notre vie même qu’on doit l’attester et l’expérimenter. Dans L’Évolution créatrice, Bergson pousse ainsi la théorie de l’évolution et l’expérience de la « durée » jusqu’au bout, sans admettre ni une création transcendante ni une vie sans émergence ou nouveauté. Les conséquences traversent toute la science, la théorie de la connaissance, et la philosophie, de 1907 à aujourd’hui.






Sur le pragmatisme de William James


Bergson a marqué l’importance de certains de ses « essais en conférences » en les rassemblant dans deux recueils : L’énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l’ensemble de son œuvre) et les lire pour eux-mêmes. Il en est ainsi de sa préface au Pragmatisme, le livre de son ami William James. Bergson y montre comment le pragmatisme, bien loin de dévaloriser la vérité, lui donne pour critère son contact avec la réalité, et même l’accroissement de cette réalité, par-delà toute concordance simplement logique. Il retrouve ainsi la proximité et la différence entre sa pensée et celle de James, sources d’une relation unique dans l’histoire de la philosophie. C’est ce que, autour de ce texte, on retrouvera dans le dossier exceptionnel réuni ici par Stéphane Madelrieux.






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