RAISON PUBLIQUE
Un article de Puf.

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Extrait
«Raison publique» : l'expression pourrait, à juste titre, sembler étrange. En effet, la raison est propre à tout être humain, les normes du raisonnement sont universelles et les prémisses d'un raisonnement, lorsqu'elles sont «vraies» pour un individu quelconque, doivent également l'être pour tous les autres. Cette triple exigence d'universalité de la raison et de la vérité établirait ainsi l'impossibilité d'une raison privée. Ce qui est strictement privé, ne relèverait pas du champ de la rationalité. Autrement dit, la raison serait publique ou ne serait pas.
Un tel point de vue est toutefois excessif. On peut être rationaliste tout en considérant que des usages distincts - privé et public - de la raison sont possibles. Kant lui-même en envisageait d'ailleurs le principe dans sa Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ? ([1784] 1985). Après avoir affirmé que la sortie de la minorité, pour l'être humain, coïncidait avec le moment où celui-ci trouvait le courage d'utiliser sa propre raison, Kant notait en effet qu'il existe bien un usage privé possible de la raison. Il précisait cependant que cet usage, qui correspond au recours à la raison dans l'exercice de fonctions civiles que l'on a accepté d'assumer, ne peut être libre, tandis que l'usage public de notre raison le sera toujours s'il est authentiquement «public». Cette distinction renvoie à une différence entre le fait de raisonner dans le cadre d'un rôle social que l'on a accepté et qui impose certaines obligations et le fait de raisonner en s'adressant au «public en général».
À cette distinction, viennent s'en ajouter d'autres essentielles, lorsque Kant explique, dans la Critique de la faculté de juger ([1790] 1995, § 40), que penser, pour l'entendement commun, c'est 1 / penser par soi-même (maxime de la pensée libre de préjugés),...
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Bibliographie
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Corrélats
Argumentation, Choix moral, Consensus et dissensus, Décisionnisme, Démocratie délibérative, Habermas J., Laïcité, Opinion publique, Rationalité, Rawls J.

