HISTOIRE, MÉMOIRE ET POLITIQUE
Un article de Puf.

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Extrait
Au cours des années 1980 et 1990, nous avons pu assister à une grande renaissance des études consacrées à la mémoire collective. Les raisons de cette renaissance sont complexes et varient grandement en fonction des différents contextes nationaux. En France, le «syndrome de Vichy» et la mémoire de la guerre en Algérie furent cruciaux. En Allemagne, c'est la «querelle des historiens» qui conduisit à accorder, dans une perspective essentiellement normative et politique, une grande importance à la question de la différence entre, d'un côté, la mémoire individuelle et privée et, de l'autre, l'histoire objective et scientifique. Aux États-Unis, c'est plutôt la mémoire de la Shoah et, plus généralement, l'essor des «enjeux identitaires» qui furent essentiels. De manière générale, à la fin de ce siècle, se sont amorcées des tentatives pour en déterminer la signification et, en particulier, en dégager les éléments d'une mémoire plus consensuelle de ces «jumeaux hétérozygotes» (Pierre Chaunu) que sont nazisme et bolchevisme. D'un point de vue plus pratique, on peut aussi considérer que l'instauration des tribunaux pénaux, notamment dans le contexte des processus de transition démocratique à l'œuvre dans certains pays (en Amérique latine, en ex-Yougoslavie ou au Rwanda par exemple) a pu contribuer à l'essor de cette mémoire collective par la mise en avant de ses enjeux immédiats.
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Jan-Werner MŒLLER
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Corrélats
Commémoration, Éthique reconstructive, Lieux de mémoire, Querelle des historiens (Historikerstreit), Réparation (Politique de)

