Le réalisme esthétique
Un article de Puf.

Un texte d’esthétique à contre-courant des idées dominantes. L’auteur milite en faveur du réalisme pris dans ses multiples dimensions.
Caractéristiques
- 248 pages
- 28.00 €
- ISBN : 978-2-13-054923-9
- Collection "Interrogation philosophique (l')"
- N° d'édition : 1
- Date de parution : 03/03/2006
- Discipline : Philosophie
- Sous-discipline : Philo de l'art Esthétique
L'ouvrage
Ce livre défend la thèse du réalisme et s’oppose à l’antiréalisme dominant dans la philosophie moderne, selon lequel le monde n’est que notre représentation. Ce réalisme peut être appliqué à l’esthétique, les propriétés esthétiques sont réelles, et nous pouvons les attribuer correctement aux objets qui les possèdent. Existe-t-il une harmonie entre le monde tel qu’il est, notre nature humaine et notre esprit ? Telle est la question centrale de ce livre.
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L’auteur ne dissocie pas la recherche esthétique de la recherche métaphysique et épistémologique. Sa thèse fondamentale est la suivante : il existe un monde en dehors de nous. Par consequent, on peut connaître le monde qui nous entoure tel qu’il est, au moins partiellement. En art, logiquement, l’auteur défend l’idée selon laquelle il existe un beau objectif, dont les lois sont perçues par tous, et qui se réalise dans l’accord sensible des esprits, dont le goût a été éduqué. La condition de possibilité ultime étant celle d’une nature humaine, dont le lot commun est un certain nombre de dispositions, développées ou non par l’éducation. Le socle de cette doctrine est finalement anthropologique. On est loin des thèses contemporaines sur le rien de l’art ou l’impossibilité de connaître le monde ou le beau. Avec un arsenal d’arguments puisés chez Aristote, saint Thomas d’Aquin, ou Wittgenstein, l’auteur s’emploie à défendre le bon sens, malmené dans la philosophie contemporaine. On est content de voir ce texte échafauder son édifice conceptuel à partir de sa propre maçonnerie et non en piochant dans le tas d’idées à la mode. Roger Pouivet cite Antoine Compagnon et la schizophrénie de nombre de critiques littéraires, faisant semblant de croire à la « mort de l’auteur » tout en continuant de lire des notices biographiques. Bref, on a affaire à un texte qui refuse le terrorisme métaphysique. A contre-courant des thèses ambiantes, à savoir qu’il n’y a pas de monde, seulement des représentations du monde, ce texte milite pour la reconnaissance de la réalité et, partant, se fait le champion du réalisme en esthétique. L’auteur est loin de simplifier les thèses qu’il combat. Celles-ci, même byzantines, lui sont nécessaires pour établir sa propre doctrine. On suit l’auteur pas à pas dans ce dédale. On songe à Descartes, pour ce style clair et distinct, occupé à trier les idées et les écoles, et à séparer le vrai du faux, bien que l’auteur ne le porte pas dans son cœur à cause de sa mise en doute de l’existence du monde extérieur. Détruire certaines évidences de la philosophie contemporaine, qui disqualifie souvent ses adversaires en les traitant de « naïfs », passe aussi par le vocabulaire. L’auteur utilise le mot « vertu », disposition acquise à faire le bien ou à reconnaître le beau. Ce livre est aussi, en creux, un éloge de l’esthétique. Peindre des choses est une affirmation métaphysique : cela signifie que des choses existent.
(D. Berthezène)
Table des matières
Introduction : Les thèses de ce livre -- Réalisme et antiréalisme -- Le ridicule en philosophie et les vertus épistémiques -- Conseils de lecture
I -- La métaphysique du sens commun : Que dit une philosophie du sens commun ? -- Anti-fondationnalisme -- Les croyances irrésistibles -- De l'épistémologie à la métaphysique -- Pourquoi la connaissance n'est-elle pas si difficile que cela ? -- L'âme rationnelle
II -- L'épistémologie des vertus : Devoir épistémologique et vertus épistémiques -- Vertus épistémiques et émotions -- Vertus épistémiques et vertus morales -- Pourquoi les hommes ont-ils besoin des vertus épistémiques ?
III -- La réalité des propriétés esthétiques : Réalisme et anti-réalisme esthétiques -- Le relativisme esthétique -- Le réalisme esthétique de Thomas Reid -- La nature des propriétés esthétiques -- Le péché originel de l'esthétique
IV -- Les vertus esthétiques : Vertus morales, épistémique et esthétique -- L'émotion esthétique -- Vertus esthétiques et fictions -- Emotions fictionnelles et moralité
Conclusion : Intuitions pré-théoriques et théories philosophiques -- Apologie du conservatisme épistémologique -- Pas d'esthétique sans métaphysique
Index -- Bibliographie
A propos des auteurs
Roger POUIVET est professeur de philosophie à l'Université de Nancy II et chercheur au CNRS
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Les directeurs
Brief presentation
Roger Pouivet, professor of philosophy, University of Nancy.This book defends the theory of realism: that there exists a world, independent from ourselves and that we are capable of knowing it. Consequently, it challenges the idea of anti-realism, dominant in modern philosophy, which maintains that the world is no more than our representation of it, indeed, a mental or linguistic construction.
Such realism can, naturally, be applied to aesthetics. The virtues that assure our capacity to apprehend things as they are –even their aesthetic properties– are specifically human, be they epistemological or aesthetic. The development and the exercise of these virtues are essential characteristics of our human nature.
Is there a harmony between the world as it is, our human nature and our mind? That is, in essence, the central question of this book, which counters many prevailing ideas and will appeal to all those interested in questions of art and beauty.
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