L'invisibilité sociale
Un article de Puf.

L'exclusion sociale doit être comprise à partir de la notion d'invisibilité qui, loin d'être une qualité naturelle, relève d'un parcours social de la disqualification.
Caractéristiques
- 208 pages
- 19.00 €
- ISBN : 978-2-13-057347-0
- Collection "Pratiques théoriques"
- N° d'édition : 1
- Date de parution : 18/03/2009
- Discipline : Philosophie
- Sous-discipline : Philosophie politique
L'ouvrage
La capacité de se maintenir dans l’espace public ne repose pas uniquement sur les seules performances des sujets. Elle dépend largement des règles sociales qui légitiment une vie ou, au contraire, la précarisent. La visibilité et l’invisibilité ne sont nullement des qualités naturelles mais des modes sociaux de confirmation ou d’infirmation des existences. Le déclassement, la relégation, l’absence de travail marginalisent les individus au point de les effacer en les retirant de toutes les formes de participation : le subalterne, le précaire, l’exclu sont alors de moins en moins audibles, de moins en moins visibles. Il est urgent que la philosophie prenne le parti des sans-voix et des invisibles si elle veut contribuer à une critique de la normalité sociale. Pour cela, elle doit repartir de ce que peuvent les vies ordinaires afin de penser au plus près de leur activité : car une vie cherche moins à être reconnue qu’à faire œuvre, à pouvoir participer de manière irréductible à la cité.
À la jonction de la philosophie sociale et de la philosophie politique, cet ouvrage propose, à partir de cette question, une discussion théorique des principales sources contemporaines de la théorie sociale (Honneth, Butler, Nussbaum) mais aussi de la phénoménologie (Ricœur, Levinas, Merleau-Ponty).
Table des matières
Introduction
PREMIÈRE PARTIE. — DEVENIR INVISIBLE
Chapitre premier. Qu'est-ce qu'être invisible ?
Le phénomène de la relégation
La fiction de la métamorphose
La déshumanisation comme perte majeure
Le travail comme mise en œuvre
Des vies de mauvais genre
Faire œuvre
Qu'est-ce qu'être visible, qu'est-ce qu'être invisible ?
Chapitre II. Auditions
L'institution sociale du visage et de la voix
Les récits alternatifs
Des visages et des hommes
Le visage parlant
La voix comme relance du visage
Chapitre III. Incapacités
L'entrée dans l'humain
La discordance des capacités et des conduites
Vies humaines précaires
Portrait de la vie ordinaire en vie vulnérable
La tâche éthique
L'exercice éthique des capacités
Respect moral, respect social
DEUXIÈME PARTIE. — POURQUOI LA RECONNAISSANCE ?
Chapitre IV. L'épreuve sociale de la reconnaissance
Le droit saisi par la reconnaissance
L'idéal de l'authenticité
De l'estime de soi à l'estime sociale de soi
Rendre visible
La possibilité du témoin
Chapitre V. Méconnaissances
Reconnaissance par les autres, reconnaissance par les choses
Vies relationnelles et parcours de la reconnaissance
La grammaire morale de la reconnaissance et la dépossession de soi
Désaccords moraux et trouble dans le soi
Chapitre VI. L'invisibilité sociale comme problème moral
Grammaire sociale, grammaire morale
Le parcours social de la reconnaissance. De l'estime de soi au respect
Du respect à la décence
Vers une nouvelle formulation du problème de la décence
TROISIÈME PARTIE. — LA VIE INEMPLOYÉE
Chapitre VII. Critique et clinique
Difficultés
Critique versus clinique
Les présupposés normatifs de la clinique
Misères de la philosophie sociale
Le normal, le pathologique et le soin
Chapitre VIII. La vie désœuvrée
L'étranger que « je » deviens
La structure imitative
L'œuvre, concept douteux
La politique à venir
Conclusion. — Le visible et l'invisible
A propos des auteurs
Guillaume le Blanc est professeur de philosophie à l’Université Michel-de-Montaigne – Bordeaux III. Il est notamment l’auteur de Canguilhem et les normes (Puf, 1998) et de Vies ordinaires, vies précaires (Seuil, 2007).
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Les directeurs
Bruno Karsenti, Guillaume Le Blanc
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