LMD

Définition

Initié en 1998 par l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et la France, le système LMD (Licence, Master, Doctorat) constitue aujourd’hui la charpente du fonctionnement universitaire de ce que l’on nomme « l’Espace européen de l’enseignement supérieur ». Cette réforme a été initiée dès 2002 par quelques universités pilotes comme les Universités d’Artois et de Lille 2. Deux objectifs essentiels traversent cette réforme en profondeur : fixer des règles communes à une quarantaine de pays européens afin de favoriser la mobilité des enseignants et des élèves et, en France, diplômer au moins 50% des jeunes d’une classe d’âge d’ici dix ans. Ensuite, et c’est probablement le chantier le plus prometteur, former des diplômés « employables » et opérationnels sur le marché du travail national et européen. La déclaration de Bologne, qui est un acte fondateur de cette réforme, a fixé à 2010 l’achèvement de la construction de cet Espace européen de l’enseignement supérieur, qui devrait répondre à six objectifs : mettre en place des diplômes utilisables dans l’ensemble des pays concernés (aujourd’hui au nombre de 45) ; délivrer trois types de diplômes à Bac+3 (Licence), Bac+5 (Master) et Bac+8 (Doctorat) ; sanctionner des épreuves par des systèmes de crédits ECTS capitalisables et échangeables ; favoriser la mobilité des étudiants entre les universités et entre les filières en favorisant la pluridisciplinarité ; promouvoir la coopération européenne en matière d’évaluation des formations ; et enfin, promouvoir la coopération entre universités pour des partenariats de recherche. Ainsi, en créant trois niveaux de référence (Bac+3, Bac+5, Bac+8), l’Europe veut devenir, à l’échelle des autres pays du monde, un modèle à suivre, voire l’exemple d’une société de la connaissance. Dans chaque université, il devient ainsi plus facile d’assouplir son parcours ce qui, théoriquement, limite les risques d’abandon. Ce nouveau système permet aux universités de créer une palette de formations beaucoup plus diversifiées et, chose révolutionnaire, des accords de partenariats sont signés entre universités, Grandes Écoles et Écoles d’ingénieurs.

Un des atouts du LMD, c’est le recentrage des formations sur les besoins et les compétences des étudiants. C’est aussi une priorité donnée à la professionnalisation des parcours, notamment avec l’irruption de l’alternance ; c’est une orientation progressive des étudiants grâce aux UE de découverte et à la souplesse des parcours (rôle des passerelles) ; ce sont des enseignements transversaux avec les langues et l’informatique comme valeurs ajoutées ; c’est le suivi personnalisé de l’étudiant dans le cadre des missions de l’équipe pédagogique (rôle joué par le directeur d’études). Outre une organisation autour de trois cycles d’étude avec lesquels il faut dorénavant cohabiter, vous devez également retenir que l’organisation des formations se fait en semestres et en unités d’enseignement, qu’il existe des parcours de formation types en fonction de votre projet professionnel, que les universités délivrent des titres et des grades, que l’on peut faire valoir un travail personnel - type engagement associatif - comme une compétence et un acquis scientifique, que la mobilité internationale est facilitée et encouragée. C’est, bien entendu, une réforme encore jeune ; elle a totalement chamboulé l’enseignement supérieur, à tel point que les Écoles d’architecture et de vétérinaires ont adopté ce système. Le LMD commence doucement à porter ses fruits et demande encore des ajustements généraux et ponctuels en fonction des spécificités de chaque université.


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